Le mois de mai 2018 a son vocabulaire économique : Rédiger un article court sur chaque mot


Decryptons :

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Les blacks bloc : Un black bloc est un terme pouvant désigner

Ces idéologies font l’objet d’une opposition6,7, entre les courants de pensée non-violents qui soutiennent que la force et l’action violente sont moralement inacceptables8 et que la violence engendre la violence9, ou qu’elles sont vouées à l’échec, voire même contre-productives10; et ceux qui pensent au contraire qu’elles sont le seul moyen de réellement donner une portée à leur action, et que les actions non violentes ne sont que des exutoires inefficaces11 permettant d’éviter l’accumulation du sentiment de frustration au sein des populations12.

Sans organigramme, ni figures centralisées, le black bloc est constitué d’individus et de groupes d’individus organisés ou non, sans appartenance formelle ni hiérarchie, tout de noir vêtus et masqués pour l’anonymat13. Il est formé principalement d’activistes issus des mouvances libertaires14 et anarchistes. Avant et après une action, un black bloc n’existe pas en tant que structure organisée, il est « éphémère »15.

Les actions du black bloc ciblent généralement les symboles de l’État (police, tribunaux, bâtiments administratifs) et du capitalisme (banques, agence d’intérim, entreprises multinationales, publicité, restauration rapide). Afin de justifier leurs interventions parfois violentes face à la mondialisation libérale, les militants anarchistes soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur qu’aucune de leurs actions directes16.

Le black bloc est médiatisé lors des manifestations contre la Première guerre du Golfe en 1991, puis en 1999 à Seattle lors du contre-sommet de l’OMC, lors des manifestations contre les G8 à Gênes en juillet 2001, à Évian en 2003, à Heiligendamm en 2007, à Strasbourg lors du contre-sommet de l’OTAN en avril 2009, à Hambourg pendant le G20 en 2017, ou encore le 1er mai 2018 à Paris.

Le black bloc, une technique de lutte, ni mouvement ni phénomène

Par Samuel Zralos Publié le 04-05-2018 Modifié le 04-05-2018 à 15:51

 

Une partie du «black bloc» rassemblé à Paris, le 1er mai 2018, en tête du cortège rassemblé pour la fête du travail.REUTERS/Philippe Wojazer

Plus de 14 500 personnes venues hors cortège syndical se sont installées en tête de la traditionnelle manifestation de la fête du travail ce mardi 1er mai 2018 à Paris. Parmi elles, «  1200 Black Blocs » (recensés par la préfecture de police) ont participé à diverses dégradations, comme le saccage d’un McDonald’s, qui ont débouché sur des interventions policières et 109 gardes à vue. Mais c’est quoi, au juste, un black bloc ?

Assimilés aux casseurs, souvent évoqués quand une manifestation est le théâtre de violences en Europe, « les Black Blocs » fascinent et intriguent. Pourtant, ils n’existent pas. Ou, plutôt, il est faux d’en parler comme d’un mouvement uni, ou même comme d’une mouvance politique. Le black bloc est avant tout une technique de rassemblement, dont les codes sont pensés en fonction de leur efficacité supposée ou réelle.

Les blacks blocs réunissent des personnes toutes habillées de noir, autant par commodité qu’en référence à l’anarchisme et à la piraterie, qui se considèrent en lutte contre les autorités et le capitalisme. En fonction du contexte, les individus rassemblés ainsi « vont être plus ou moins violents », concentrant toujours leurs actions sur des cibles « politiquement symboliques, que ce soit la police ou des symboles du capitalisme », constate Olivier Cahn, maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise. Ce qui les différencie de simples casseurs, puisqu’il s’agit d’une « action politique » et non d’un geste « irraisonné ».

A l’inverse, « on parle de black bloc dès que des activistes s’en prennent aux forces de police, or ce n’est pas forcément le cas », souligne le chercheur, qui estime que la manifestation du 1er mai 2018 à Paris constitue « probablement » le premier « vrai black bloc » depuis le sommet de l’Otan à Strasbourg en 2009, à l’occasion duquel un black bloc d’environ 2 000 personnes et 9 000 policiers se sont affrontés.

Constitué de proches divers de l’extrême-gauche, entre autres de « révolutionnaires très politisés, mais aussi d’antifascistes, pas forcément révolutionnaires, de certains supporters de football » ou encore d’anarchistes, les black blocs comme ceux du 1er mai refusent l’idée d’un chef et sont agités de courants parfois opposés. Qu’ils se revendiquent ou non d’un mouvement politique ou d’un groupe précis, ceux qui y prennent part se rassemblent ponctuellement pour des actions précises. Ce qui explique pourquoi les black blocs « réapparaissent en fonction des besoins et des situations ». Le reste de l’année, les militants « continuent leur action par ailleurs ».

Une tactique qui a près de 40 ans

Les black blocs en tant que tels apparaissent en Allemagne, à Berlin-Ouest, en 1980. Menacés d’expulsion, des squatteurs et des étudiants occupant leur université décident de se défendre masqués et vêtus de noir, pour rendre plus difficile leur identification par les forces de l’ordre. La police allemande désigne cette nouvelle façon d’agir par le nom schwarzer Block, c’est-à-dire « groupe noir ».

Le black bloc (sans majuscules) est né et ne tarde pas à se diffuser dans les groupes liés aux anarchistes, aux antifascistes ou au mouvement punk. La tactique s’internationalise, elle est notamment employée aux Etats-Unis dès le début des années 1990, lors de mobilisations antimilitaristes – contre la première guerre du Golfe – et antiracistes. Avant, fin novembre 1999, de s’afficher enfin à la Une de nombre de médias internationaux lors des manifestations à Seattle, aux Etats-Unis, contre la tenue d’un sommet de l’Organisation mondiale du commerce. Des activistes masqués, habillés de noir, y attaquent divers symboles du capitalisme, comme des banques, des magasins et, déjà, un McDonald’s. Quelques jours après les dégradations, le « collectif Acme » diffuse l’un des rares communiqués signé de participants à un black bloc (en anglais), afin d’en expliquer la portée. Loin de toute violence gratuite, ils revendiquent l’attaque « ciblée et stratégique de diverses cibles corporatistes », la résistance à l’action des forces de l’ordre et un mode d’action organisé, pensé pour provoquer des dégâts matériels et faire réagir l’opinion publique.

Depuis, de Gênes en 2001 – lors d’émeutes contre le sommet du G8 –  au 1er mai 2018, stratégie et tenue du black bloc sont restées très similaires. Les organisateurs de blacks blocs s’insèrent « dans une manifestation organisée par d’autres, s’y intègrent et, à un moment, se rassemblent pour donner l’image d’une manifestation radicale », imitant ainsi certaines techniques des autonomes des années 1970, raconte Olivier Cahn.

« Montrer l’existence d’une véritable colère sociale ».

Le but, dans tous les cas, est le même : « créer l’évènement ». Face à des médias qu’ils jugent intéressés uniquement par « le spectaculaire », les adeptes du black bloc entendent occuper l’espace et surtout « montrer l’existence d’une véritable colère sociale ».

Ce qui ne signifie pas pour autant un désintérêt envers la contestation initiale. Les signataires du « manifeste du carré noir » – paru lors de la grève étudiante québécoise de 2012 –  affirment au contraire : « Nous sommes étudiant-e-s. Nous sommes travailleuses et travailleurs. Nous sommes chômeur-e-s. Nous sommes en colère. Nous ne récupérons pas une grève. Nous sommes dans le mouvement depuis le début. […] Nous n’infiltrons pas les manifestations, nous aidons à les organiser, nous les rendons vivantes ».

Francis Dupuis-Déri, chercheur québécois, rapporte d’ailleurs dans un article publié en 2003 que « pour nombre de participants aux black blocs, la décision d’avoir recours à la force s’inscrit dans une réflexion politique qui s’inspire d’expériences passées ». D’après ce spécialiste du sujet, « l’action directe violente est perçue [dans les black blocs] comme un moyen efficace et simple de critiquer le capitalisme et l’État libéral ».

Violences en marge du défilé du 1er-Mai : « Mais où sont les “black blocs” ? »

Seize personnes ont été présentées au tribunal correctionnel de Paris, jeudi et vendredi, lors de comparutions immédiates parfois ubuesques. Les trois qui ont été jugées ont été relaxées.

LE MONDE | 04.05.2018 à 21h59 • Mis à jour le 05.05.2018 à 11h34 | Par Henri Seckel

Ce serait donc ça, les castagneurs du fameux « black bloc », ces quelque 1 200 individus tout de noir vêtus ayant, pour certains, commis des violences lors de la manifestation parisienne du 1er-Mai ? Dans la foulée des incidents survenus mardi, 102 personnes avaient été placées en garde à vue – dont une bonne moitié rapidement relâchées et mises hors de cause. Seize d’entre elles passaient en comparution immédiate, jeudi 3 et vendredi 4 mai, devant le tribunal correctionnel de Paris. Mais d’évidence, une majorité de ces prévenus poursuivis pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations » n’avaient pas grand-chose à voir avec des professionnels de l’émeute.

Sur la manifestation de mardi :   Qui sont les 15 000 personnes qui ont défilé devant le cortège syndical ?

Deux ont été vus jetant un projectile sur les CRS, en l’occurrence une bouteille en verre et un caillou, mais il est permis de se demander sur quels critères les autres ont été arrêtés – parfois loin du cortège, et bien après sa dispersion.

Manifestement, pour certains, c’est juste qu’on les avait sous la main, qu’il s’agisse de cette auxiliaire puéricultrice de 46 ans, accusée d’avoir ramassé un terminal de carte bleue dans le McDo ravagé de la gare d’Austerlitz, ou de cette frêle apprentie vitrailliste de 24 ans angoissée comme tout, à qui l’on reproche d’avoir eu dans son sac une clé Allen – le petit L métallique à embout hexagonal, que la justice considère comme « une arme de catégorie D2 ».

Par définition, les plus aguerris échappent au tribunal

« Mais où sont les “black blocs” ? », a raillé un avocat de la défense. Par définition, les plus aguerris, ceux qui savent se fondre dans la foule après les violences et échapper aux arrestations, n’atterrissent pas dans un box de tribunal, où les prévenus des 3 et 4 mai, visage marqué par la fatigue de quarante-huit heures de garde à vue, n’avaient parfois même pas l’air de seconds couteaux, mais plus de dommages collatéraux ne comprenant pas bien ce qu’ils faisaient là.

Beaucoup devaient leur présence au tribunal non pas à la commission constatée d’une infraction, mais uniquement à l’accoutrement sombre qu’ils avaient enfilé le jour de la manifestation, ou à la possession de sérum physiologique ou de masques destinés à contrecarrer les effets des gaz lacrymogènes.

A l’exception d’un prévenu condamné trois fois pour des graffitis, tous avaient un casier judiciaire vierge. Aucun n’était un marginal en rupture avec la société, bien au contraire. Un ingénieur sorti de l’Ecole centrale de Lyon, un cuisinier, des étudiants en sciences, en histoire ou en psychologie, un cadreur, une directrice de production dans le cinéma… La 23e chambre du tribunal de Paris a eu affaire à une jeunesse de la classe moyenne, éduquée, parfaitement insérée, et animée d’une conscience politique et de convictions réelles, notamment au sujet de la justice sociale ou de l’écologie.

« Je cherchais uniquement à exprimer mes opinions »

Aussi a-t-il semblé curieux à certains de devoir se justifier d’aller à une manifestation. Coline S., par exemple, la benjamine des prévenues, 19 ans. Cette étudiante – histoire de l’art et anglais cette année, réorientation en sociologie l’an prochain – vivant chez ses parents dans le 4e arrondissement de Paris a été arrêtée vers 20 h 30 dans le Quartier latin, et a dû répondre de la possession d’un masque chirurgical dans son sac.

« Pourquoi allez-vous à la manifestation avec ce genre d’instruments ?, lui a demandé la procureure.

– J’ai constaté que lors des manifestations, il y avait parfois des tirs de lacrymogènes qui pouvaient être néfastes pour le nez, la gorge ou les yeux, et je ne voulais pas en pâtir ou en subir les séquelles, répond la jeune femme dans un langage presque châtié. Je n’étais pas à l’avant du cortège, j’ai porté ce masque à partir du moment où des gaz lacrymogènes se sont propagés autour de nous.

– Pourquoi, à ce moment-là, avez-vous mis votre masque au lieu de quitter la manifestation ?

– Il me semblait que ma présence était importante pour mes convictions, et les gaz lacrymogènes, bien que très incommodants, n’étant pas mortels, j’ai préféré rester.

– En quoi votre présence était-elle importante ? »

Soupir désabusé de la jeune manifestante face à la représentante de l’ordre, qui pourrait être sa mère : « Madame, je cherchais uniquement à exprimer mes opinions. Nous n’avons commis aucune violence. Je pense qu’il y a un problème en France avec la façon dont la politique est menée, et je voulais montrer mon soutien aux personnes qui s’y opposent. »

Mise en scène

« A partir du moment où l’on est à côté d’individus venus pour casser du policier, on est nécessairement associé à ce genre d’intention », a asséné la procureure, qui n’avait pas toujours l’air de croire elle-même à ce qu’elle disait. « On comprend qu’il y ait la volonté d’apporter une réponse pénale immédiate aux dégradations », a suggéré un avocat, mais cela a mené à « l’interpellation massive de gens qui n’y ont pas participé ». Un autre : « La police a interpellé ceux-là parce qu’elle n’avait pas réussi à interpeller les vrais casseurs. » Un troisième : « On a le sentiment d’une mise en scène du spectacle de la justice. »

Bilan de ces audiences en urgence : treize des seize prévenus ont obtenu le renvoi de leur procès fin mai ou début juin – parmi eux, quatre restent en détention provisoire pour avoir menti sur leur identité. Les trois autres (dont Coline S.) ont choisi d’être jugés immédiatement : trois relaxes, inévitables compte tenu de la légèreté des dossiers. Ces comparutions immédiates ont surtout permis de souligner, en creux, à quel point les manifestants masqués du « black bloc » étaient un casse-tête pour les forces de l’ordre : comment arrêter et envoyer au tribunal les personnes véritablement violentes

Article du figaro du 5 mai 2018 :

Ultra mobiles, ces ultraradicaux de gauche sont de tous les combats altermondialistes violents depuis les années 80.

Les black blocs sont issus d’un mouvement radical de gauche, né en Allemagne dans les années 1980, qui a fait tache d’huile en Europe. «Leurs camarades allemands leur ont inspiré tout un savoir-faire», expliquait un haut fonctionnaire de police dans un article du Figaro sur Notre-Dame-des-Landes. On les retrouve à l’action lors des émeutes du sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999. Ces anarchistes portent parfois le masque blanc du film «V pour Vendetta» et se fondent dans les rassemblements altermondialistes où ils bénéficient de la complicité passive des manifestants, qui les admirent autant qu’ils les craignent.

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Les «black blocs» ou ceux qui se revendiquent de cette mouvance effraient les institutions. Difficiles à infiltrer, ils refusent toute hiérarchie, agissent au gré des événements, de façon spontanée. Grâce notamment aux réseaux sociaux et à la technologie d’Internet qui sert leur anonymat. Un professionnel de la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI) le dit: «Les plus méfiants communiquent même entre eux de façon cryptée, aidés par des informaticiens qui leur garantissent sur la Toile des adresses IP fantôme.»

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Aguerris et parfaitement organisés, ils échangent sur Internet des modes d’emploi sur la conduite à tenir en cas de garde à vue ou de perquisition. Dès 2009, ils avaient affiné leur stratégie basée sur quelques consignes écrites dans un guide où l’on pouvait lire à l’attention des militants:: «Emmène un foulard ou de quoi cacher ton visage ; n’utilise pas un téléphone mobile plein de contacts: merci pour tes camarades! ; n’oublie jamais que les flics en civil sont extrêmement nombreux, ne parle jamais de tes exploits en pleine rue et évite de prononcer des noms ; écris-toi sur le bras le numéro de notre avocat ; prends des photos de tes blessures, garde tes habits tachés de sang, si c’est le cas ; et avec le médecin, si c’est aux urgences, ne dit rien sur les faits.»

 

La ZAD : DR. ADMIN., URBAN. Abrév. de zone* d’aménagement différé. C’est une loi du 26 juillet 1962 qui a institué les Z.A.D. ou zones d’aménagement différé. Lorsqu’un secteur donné est placé sous le régime de cette loi, les propriétaires désireux d’aliéner leur bien doivent obligatoirement déclarer à l’administration leur intention de vente et le prix demandé (Le Monde, 3 nov. 1967ds Gilb. 1980). Etymologie : Le sigle ZAD, acronyme de Zone à défendre, est un détournement de sens du sigle ZAD (Zone d’aménagement différé) utilisé en droit de l’urbanisme.

ZAD est le slogan, le label, utilisé par des militants ou activistes qui s’opposent à la réalisation de projets considérés comme inutiles, dangereux, coûteux, nuisibles à l’environnement, etc. L’objectif est de paralyser les projets en organisant des foyers de résistance avec une occupation physique des sites de travaux.

C’est notamment le cas dans la lutte contre les projets d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), de barrage de Sivens (Tarn), de la ferme des 1 000 vaches à Ducrat (Somme), du Center Parc de Roybon (Isère), du Grand Stade de l’Olympique lyonnais, etc.

Même si le processus législatif et réglementaire a été respecté par le projet, sa légitimité peut être contestée pour diverses raisons :

  • période de débat insuffisante,
  • faiblesse du contenu des débats,
  • acteurs concernés qui n’ont pu s’exprimer,
  • décideurs agissant de manière opaque, mentant par omission,
  • soupçon de conflit d’intérêts des experts.

Les zadistes sont les personnes engagées dans une ZAD et qui l’occupent. Leur fonctionnement est horizontal, sans porte-parole. Autonomes, ils peuvent s’installer dans la durée sur un site ou circuler d’un site à un autre, en fonction des besoins. Les zadistes militent en parallèle aux associations classiques de luttes contre les projets qui mènent un travail classique de contre-expertise, de recours judiciaires, qui montent des dossiers.

La convergence des luttes :

Qu’est-ce que la “convergence des luttes” ?

Depuis le début des grèves, les appels à la convergences des luttes se multiplie. Mais si l’unité a parfois été couronnée de succès par le passé, les luttes sociales peinent aujourd’hui à converger.

SNCF, Air France, Carrefour, EHPAD, retraités, universités, ZAD… Alors que les grèves et mouvements sociaux se multiplient, l’expression “convergence des luttes” revient au coeur du débat public. Olivier Besancenot, figure du Nouveau Parti Anticapitaliste, y appelait le 4 avril : “On est très loin de la révolution. Par contre un mouvement d’ensemble, la convergence des luttes, peut-être que ça ferait pas de mal.”

Réunion des différentes contestations sociales dans un même mouvement social, la convergence des luttes à déjà fonctionné par le passé avec comme résultats, des avancées sociales.

1936 et 1968, des convergences réussies

En 1936, la victoire dans les urnes du Front populaire et les grèves ouvrières massives se traduisent par des avancées sociales comme l’apparition des premiers congés payés.

En mai 68, la révolte étudiante rejoint le mouvement ouvrier. La France est le théâtre de grèves générales. Avec sept à dix millions de grévistes, c’est le mouvement social le plus massif que la France ait connu. Résultats : augmentation générale des salaires et du SMIC.

Une juxtaposition plutôt qu’une convergence

Hormis les mouvements de 1995 et 2006 qui ont fait plier les gouvernements sur des projets de réformes, les luttes sociales peinent à s’unir. Des dissensions mises en lumière avec Nuit Debout. Né de la contestation contre la loi Travail, ce mouvement social autonome visait la convergences des luttes, mais s’est essoufflé au bout de quelques mois.

Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion à l’Ifop, explique : “Il faut que de larges catégories de la population se reconnaissent dans le combat mené par une autre catégorie.” Selon la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, “c’est un slogan et c’est un vieux rêve pour certains”.

Début avril, le député France insoumise François Ruffin, a appelé à la convergence des luttes pour faire “la fête à Macron” lors d’une “grande manifestation nationale commune” le 5 mai. Il a le soutien de figures de gauche comme le secrétaire national du Parti communiste français Pierre Laurent, l’ancien socialiste Benoît Hamon et Olivier Besancenot.

 

La révolutionUne révolution est un renversement brusque d’un régime politique par la force. Elle est aussi définie par le Larousse comme un « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder »1.

Sous sa forme contemporaine, la pratique révolutionnaire n’apparaît qu’à la fin du XVIIIe siècle, au moment où se généralise en Occident la pensée réflexive, quand l’Humanité se pense comme telle et formule les principes de sa gouvernance. C’est l’époque où Adam Smith en Angleterre jette les bases du libéralisme et où en France Jean-Jacques Rousseau, avec son Contrat social, élabore les fondements de la démocratie moderne. Deux événements politiques sont ainsi considérés comme les premières grandes révolutions de l’histoire : en 1776, la révolution américaine (qui correspond à la naissance des États-Unis) puis en 1789 la Révolution française (qui marque l’avènement de la République en France).

Au XIXe siècle, le Français Tocqueville est le premier intellectuel à porter un regard critique sur le mouvement révolutionnaire qu’il ne dissocie pas d’une tendance des nations à s’instituer en États (centralisés ou fédérés, mais aux pouvoirs sans cesse étendus), tandis que, face aux inégalités croissantes que génère le capitalisme, l’Allemand Karl Marx développe les premières approches théoriques de la révolution, visant à mettre fin aux inégalités sociales provoquées par le capitalisme dans les pays industrialisés.

Au XXe siècle, se réclamant de Marx, le marxisme-léninisme (en URSS), le maoïsme (en Chine) et les révolutions du tiers monde (essentiellement en Afrique et en Amérique latine) constituent les principales tentatives pour renverser le capitalisme et lui opposer d’autres modèles. Mais ces expériences se soldent par la perpétuation de conflits de classe2 et surtout de graves atteintes aux libertés individuelles, que les « intellectuels de gauche », en Occident, ne reconnaîtront que tardivement3. En 1989, la chute du Mur de Berlin précipite, en Europe de l’Est puis en URSS, le renversement des dictatures communistes tandis qu’à l’Ouest, les politiques de dérégulation menées par Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne marquent le déclin du socialisme en tant que modèle alternatif au capitalisme et l’hégémonie de ce dernier dans le monde entier : les « lois du marché » s’imposent de plus en plus comme « naturelles » aux populations. Celles-ci, malgré la montée en puissance de la pauvreté, du chômage, de la précarité et des inégalités sociales, cèdent au goût du confort matériel et de la consommation de masse. L’esprit individualiste prend ainsi nettement l’ascendant sur l’esprit révolutionnaire et les idéaux de justice.

 

Mardi 23 janvier 2018 à 12:26

Anniversaire de mai 68 : neuf institutions, des manifestations, et une question

Peut-on fêter l’anniversaire de mai 68 ? Peut-on institutionnaliser le souvenir d’une contestation qui paralysa le pays pendant plus d’un mois ? Cinquante ans après neuf institutions culturelles parisiennes lancent les festivités sur fond d’interrogations.

Par Pierre Bonte-Joseph

Comment se souvenir de mai 68 cinquante ans après, comment évoquer l’importance de ce moment qui a bousculé la France d’après guerre : celle du général de Gaulle, celle d’André Malraux, celle des pères et de l’ordre établi, sans plonger dans un moment de nostalgie, et de commémoration ?

C’est le défi lancé par neuf institutions parisiennes, comme la Cinémathèque française, ou les Archives nationales en passant par l’université de Nanterre. Neuf institutions parisiennes réunies sous une même bannière, un logo coloré composé de neuf virgules qui associées forment un tout un « 68 » coloré.

Nanterre, l’université où tout a commencé

Et c’est l’université de Nanterre, d’où la contestation est partie en 1968, qui ouvre le bal des commémorations même si le mot est soigneusement évité. Nanterre va ainsi organiser le 22 mars – date considérée comme le point de départ des événements — un printemps des utopies et des libertés censées créer les conditions d’une nouvelle « étincelle » contestataire. A l’automne les journées du patrimoine donneront à revisiter les lieux de la révolte sur le campus, car même à Nanterre son président Jean-François Balaudé le reconnaît volontiers « la mémoire de mai 68 s’est éloignée du lieu, cet événement n’est plus partagé par les étudiants qui sont sur le campus (…) même on garde une fibre d’engagement, une fibre militante ».

Le centre Pompidou, lui aura à cœur de réinterpréter l’imagerie militante et révolutionnaire foisonnante de cette période. Une nouvelle lecture des slogans ou des images qui s’affichaient dans les rues et sur les murs sera offerte aux visiteurs. Un atelier populaire sera d’ailleurs réinstallé et permettra au public d’imaginer les slogans d’aujourd’hui…Autre moment fort de cette année des rencontres tous les midis du 28 avril au 20 mai animées par un historien chaque jour différent pour interroger un des aspects de l’histoire de mai 68 : les grandes grèves ouvrières, le festival de cannes annulé…

La Cinémathèque française elle aussi sera de la partie avec la diffusion de “ciné tracts” de l’époque petit films courts militants ou encore la réédition ou fac-similé de la quinzaine des réalisateurs de l’époque. On l’a oublié mais cette sélection parallèle à la compétition officielle est directement née de la contestation qui avait vu le festival de Cannes de 1968 annulé.

Frédéric Bonneau, son président, rappelant au passage que le point de départ de la contestation de mai 68 fut la décision de renvoi du directeur de la cinémathèque française de l’époque Henri Langlois par André Malraux.

Enfin notons aussi l’idée pour le moins originale des Archives nationales qui va proposer une histoire de mai 68 vue du côté du pouvoir, en s’appuyant sur les archives du gouvernement ou de la Présidence de la République enfin accessibles aux chercheurs.

Mai 68 un anniversaire très institutionnel

Mais ces neuf institutions, si elles prennent soin d’éviter le piège de la commémoration en proposant des moments de réflexion collective, n’échapperont pas à la question : une institution fut-elle culturelle peut-elle organiser le souvenir de la contestation ?

Enfin, le programme officiel des manifestations, ne fait pas mention des discordes actuelles sur l’héritage de mouvement, un débat qui aurait été bienvenu et fidèle à l’esprit de contestation de mai 68.

Publié le : 23/01/2018 à 12:26 – Mis à jour le : 01/02/2018 à 17:36

Une démission :

Air France: démission du PDG après le rejet d’un projet d’accord salarial

Par Le360 (avec MAP) le 04/05/2018 à 18h50 (mise à jour le 04/05/2018 à 18h55)

Le PDG d’Air France, Jean-Marc Janaillac.

Le PDG d’Air France Jean-Marc Janaillac a annoncé vendredi qu’il va démissionner de son poste après le rejet par la majorité des salariés de la proposition d’accord formulée par la direction suite au mouvement social que connaît la compagnie aérienne depuis plusieurs semaines.

Au terme d’une consultation électronique, lancée le 26 avril, les salariés de la compagnie aérienne française ont rejeté à 55,44% la proposition d’accord salarial présentée mi-avril par la direction, a indiqué la compagnie qui précise que le taux de participation s’est élevé à 80,33% parmi les 46.771 salariés d’Air France qui étaient invités à répondre à la question: “Pour permettre une issue positive au conflit en cours, êtes-vous favorable à l’accord salarial proposé le 16 avril 2018?”.

Cette proposition d’accord salarial prévoyait pour la période 2018-2021 “des augmentations générales de salaire de 7% sur quatre ans, s’ajoutant aux augmentations individuelles”.

“J’assume les conséquences de ce vote et je remettrai dans les prochains jours ma démission aux Conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM”, a déclaré le patron de la compagnie après l’annonce des résultats de cette consultation, regrettant un “immense gâchis”.

Les augmentations de salaires proposées initialement par la Direction d’Air France avaient été qualifiées par les syndicats d’”aumône” qui “ne pourra pas compenser l’augmentation du coût de la vie et rattraper les salaires bloqués depuis 2011”.

Les revendications syndicales “ne sont pas raisonnables”, avait jugé pour sa part le PDG d’Air France-KLM. “Le coût global d’une telle augmentation représenterait environ 240 millions d’euros, soit pratiquement le prix de deux Boeing 787”, avait-il déclaré. Le groupe Air France-KLM a affiché un bénéfice d’exploitation en hausse de 42 pc pour 2017 à 1,488 milliard d’euros, dont 588 millions d’euros pour la partie française. La Direction de la compagnie considère cependant que la dynamique de croissance reste fragile et inférieure à celle de ses concurrentes.

Désavoué par les salariés, le PDG d’Air France-KLM démissionne

Bruno Trevidic Le 04/05 à 18:29Mis à jour le 05/05 à 20:55

Jean-Marc Janaillac a annoncé vendredi soir le résultat du vote et sa démission à la presse. –

+ VIDEO. Les salariés ont répondu majoritairement « non » à la consultation lancée par le PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, qui  remettra donc sa démission le 9 mai.

Pari perdu pour Jean-Marc Janaillac. A l’issue de neuf jours de scrutin sous haute tension, la majorité des 46.771 salariés se sont prononcés contre le projet d’accord salarial présenté par la direction. La surprise est totale.

Le faible taux de participation à la grève et une  mobilisation en baisse ces derniers jours, laissaient augurer d’un résultat positif. Mais avec 55,44 % de « non » pour un taux de participation de 80,33 %, le résultat du vote est sans appel et sonne le glas de la stratégie menée depuis deux ans par le PDG d’Air France-KLM.

« J’assume les conséquences de ce vote et je remettrai ma démission […] dans les prochains jours », a-t-il annoncé lors d’une très courte conférence de presse à l’issue de laquelle il n’a voulu répondre à aucune question.

Ecoutez la déclaration de Jean-Marc Janaillac

 

« La traduction d’un malaise »

« Je n’ignorais pas que toute démarche de consultation de ce type comportait le risque que s’expriment, au-delà de la question posée, toutes les insatisfactions et les impatiences, encore nombreuses, dans la compagnie, a-t-il expliqué. Au-delà des attentes salariales, ce vote est la traduction d’un malaise. Il appelle une transformation profonde […] J’espère que mon départ permettra de créer une prise de conscience collective et d’amorcer les conditions d’un rebond ».

Les syndicats confortés dans leur intransigeance

Pour l’heure, c’est surtout une nouvelle période d’incertitudes qui s’ouvre pour Air France. Jean-Marc Janaillac reste PDG d’Air France-KLM et président d’Air France, pour quelques jours encore. Sa succession ne sera ouverte qu’à partir du 9 mai, date à laquelle Jean-Marc Janaillac prévoit de remettre sa démission aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM.

En revanche, le projet d’accord salarial, prévoyait une hausse générale des salaires de 7 % d’ici à 2021, dont 2 % dès cette année, est désormais caduc. Et les dix organisations de l’intersyndicale, dont le principal syndicat de pilotes SNPL AF, qui avaient appelé à voter « non » se retrouvent en position de force pour réclamer une reprise des négociations sur la base de leur revendication – une hausse générale des salaires de 5,1 % dès cette année – en préalable à la suspension du mouvement

La grève va se poursuivre

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Mais pour l’heure, rien en permet d’augurer d’un arrêt de la grève. Tout en prenant acte du résultat du vote, le SNPL AF continuait d’appeler les pilotes d’Air France à se déclarer en grève pour les journées du 7 et 8 mai. 

Devant la détermination du syndicat de pilotes, il est peu probable que l’intersyndicale décide de lever ces préavis. D’autant que dans son discours d’adieu, Jean-Marc Janaillac a réaffirmé l’impossibilité pour Air France de satisfaire aux exigences des syndicats. « C’est économiquement impossible et ce serait surtout un suicide », a-t-il affirmé.

Aucun candidat à la succession

Le conflit, dont l’impact économique  était déjà estimé à fin avril à au moins 300 millions d’euros, pourrait donc se poursuivre jusqu’à la nomination du successeur de Jean-marc Janaillac. Mais pour l’heure, aucun candidat ne pointe à l’horizon.

En interne, le directeur général d’Air France, Franck Terner, est lui aussi clairement fragilisé par l’échec des négociations et le résultat du vote des salariés. Quant au directeur financier du groupe, Frédéric Gagey, il n’est autre que l’ancien PDG d’Air France du temps d’Alexandre de Juniac, ce qui ne fait pas de lui un successeur potentiel.

 

Les Echos

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